Auteurs Docteur Jean-Dominique
LAPORTE
Docteur Marc-Hervé BINET
laporte@mdem.org
PROBLÉMATIQUE Le port du casque chez l'enfant conduit-il à réduire les traumatismes crânien lors de collisions ?
OBJECTIFS 1. Présenter les chiffres du réseau
Médecins de Montagne concernant les collisions et les
traumatismes crâniens chez l'enfant de moins de 16 ans tous
sports d'hiver confondus.
2. Présenter la campagne française " Skiez casquez "
3. Analyser les retombées de cette campagne par rapport à
l'observation de l'évolution des traumatismes crâniens.
MÉTHODE ou APPROCHE
Les statistiques réalisées par "Médecin de
Montagne", qui rassemble les praticiens de sport d'hiver, permettent
d'étudier chaque hiver le risque d'accident et sa variation
saison après saison. 260 000 blessés en station de sports
d'hiver ont été analysés depuis la création
du réseau.
Des marqueurs traumatiques ont été définis de
manière à rassembler les lésions typiques de
chaque sport.
Le risque d'accident en ski alpin est de 2.5 accidents pour 1000
journées de pratique.
Les risques de l'enfant et du débutant sont
légèrement supérieurs à cette moyenne. La
répartition des localisations traumatiques de l'enfant et de
l'adulte diffère. L'enfant a surtout un pourcentage de
lésions de la sphère céphalique plus
élevé. La tête de l'enfant est, en effet,
particulièrement exposée dans la pratique des sports
d'hiver.
Les traumatismes crâniens et les lésions de la face et les
collisions sont plus fréquentes chez le jeune enfant que chez
l'adulte et sont potentiellement graves. Le port du casque divise par
deux les risques de blessures à la tête.
Par conséquent, depuis 1994, l'association "Médecins de
Montagne" a tenté de développer une campagne sur le port
du casque sous forme d'une plaquette explicative sur les risques, le
choix d'un casque et son entretien.
Cette campagne a été reprise depuis par la commission de
la sécurité des consommateurs et des partenaires
institutionnels français avec le soutient d'un champion
olympique de ski français.
RÉSULTATS
Evolution du total des collisions et âge sur pistes depuis 1993
Une étude précise de l'évolution en fonction de
l'âge a été menée depuis 1993. On constate
que, dans toutes les catégories d'âge le taux de collision
diminue et que même si, chez l'enfant, le taux de collision
diminue, les enfants victimes de collisions représentent
toujours, en proportion, la majorité.
Les chiffres du réseau démontrent également que
le taux de traumatismes crâniens est considérablement plus
bas en ski alpin et en snowboard depuis 1993. Ces données
montrent une bonne efficacité des campagnes de prévention
chez les enfants, et notamment les campagnes pour le port du casque.
Une étude du suivi du taux d'incidence des lésions de la
sphère céphalique et de l'ensemble des lésions
chez les enfants porteurs de casque comparé aux autres a permis
de mesurer l'efficacité du port du casque chez l'enfant.
Evolution du port du casque dans la population des témoins
Le taux du port du casque augmente très
régulièrement, il dépasse pour la 1ère fois
les 50% en 2000. Il s'agit du résultat le plus visible des
différentes campagnes de sécurité.
L'efficacité du port du casque peut être mesurée
non seulement sur le pourcentage de traumatismes crâniens dans la
population casquée et non casqué comparée à
la population témoin mais aussi sur l'ensemble des
lésions du crâne et de la face, et surtout sur l'ensemble
des lésions.
CONCLUSION
Le taux de port de casque chez les enfants en France n'est plus
négligeable. Mais beaucoup d'efforts doivent encore être
faits dans ce domaine. Le casque est un moyen de protection
indispensable dès le plus jeune âge. Il devrait être
proposé systématiquement en location.